30 juin 2007
Paris, cette fois-ci ce sera toi ou moi
Enfin des vacances. 2 semaines difficilement négociées pour pouvoir enfin changer d’air.
J’ai vidé mon compte, épilé mes jambes, ressorti gilets et chaussettes du placard, me suis auto conditionnée le cerveau et acheté un grand paquet de mouchoir.
Ce voyage me terrorise à un point inimaginable. Cela fait une semaine que je ne dors plus, mon humeur est aussi instable que si j’avais mes règles, je mange très peu…
Flash back : Du jour où mes parents ont eu cette stupide idée de quitter la France pour rentrer s’installer en Tunisie, je me suis jurée que mon seul objectif dans la vie serait d’avoir mon bac et de m’en aller illico presto, retourner dans la ville de mes rêves. J’aime(ais) Paris à en devenir folle : lire dans le métro, manger des barquettes de LU abricot au Luxembourg, me sentir toute petite au Sacré Cœur, pousser les enfants devant les vitrines des grands magasins à Noël, juste marcher emmitouflée dans mon manteau et regarder la pluie tomber… Je n’ai jamais eu de grandes ambitions dans la vie, juste celle-ci. J’y allais chaque année pour me rappeler que c’était bien ce que je voulais.
Le bac en poche, j’ai pris ma valise et je suis partie. J’y ai tenu 9 mois…sous anti-dépresseurs. J’avais beaucoup maigri, je pleurais tout le temps, sans raison aucune, je ne dormais pas, j’écrivais des lettres de 28 pages à mon chéri. Je regardais s’écrouler mon seul rêve sans pouvoir rien faire.
Je suis donc rentrée chez moi, retrouver mon amoureux et tout le reste. J’ai intégré mon école de com pour des études où je n’ai trouvé aucun intérêt, et me voici menteuse pro oeuvrant pour le grand capital. Si à l’époque j’avais su que je finirai comme ça, je me serais collée deux baffes.
Huit années donc que je n’ai pas remis les pieds à Paris, enfin que je n’ai pas pu le faire. Je n’en avais ni le courage ni la volonté. J’ai foncé tête baissée toutes ces années en m’empêchant de me poser des questions et de regarder les choses en face. Ce voyage va être pour moi un grand moment de vérité : mon histoire de cœur, car c’est bien de ça qu’il s’agit, valait-elle vraiment tous ces sacrifices ? J’ai une petite idée de la réponse mais je veux en être sure
25 juin 2007
Une nuit en enfer
- Pousse-toi Ours, tu me tiens trop chaud, laisse-moi dormir.
J’entrouvre les yeux et regarde autour de moi. C’est quoi cette lumière ? C’est quoi cette chaleur ? Quoi, mon réveil n’a pas sonné ? Il doit être au moins midi. Coup d’œil sur mon portable. Je m’écroule, assommée. Il est 6h du mat.
Je meurs de soif. Je cherche ma bouteille à tâtons. Cette lumière me fait mal aux yeux. Qui a osé ouvrir mes volets ? Je me lève pour les refermer. Je n’ai certes pas mes lunettes sur le nez mais impossible de ne pas remarquer toutes les serviettes de bain jonchant le sol de ma chambre. 1,2…5 je me suis levée cinq fois dans la nuit pour aller me doucher. Je me rappelle maintenant. Je sors de la douche dégoulinante et je ne sais plus vraiment si c’est de l’eau que je suis en train d’éponger ou ma transpiration. Mes draps sont mouillées, mon oreiller est mouillé, mes cheveux sont trempés…je me liquéfie. Je trébuche sur une bouteille d’eau vide. Voilà ce que j’ai fait toute la nuit : j’ai bu de l’eau et j’ai assisté en direct à sa dispersion dans mon corps desséché, trop fatigué pour pouvoir la retenir et son évacuation par chacun de mes pores.
‘Les températures ce matin varieront entre 42 et 47°’…j’ai rarement été aussi contente de venir au travail, j’aime mon bureau, j’adore la clim de mon bureau.
20 juin 2007
La prière d’anniversaire
Notre Chefffe qui êtes à Nantes
Que votre nom soit…fructifié
Que vos Saintes soient adorées
Qu’en ce jour de grâce votre anniversaire soit dignement fêté
Car les fidèles du monde entier vont affluer
Petite Sainte Chamailleries
Quand tu descendras dans les galeries
Avec des monstres par milliers
N’oublie pas de préciser
Que ça va chier
Aux Chamailleries je jure fidélité
Pour le meilleur mais je viens surtout pour le pire
Jusqu’à ce que la mort (de rire) nous sépare
(euh ça y est ? c’est là que je peux embrasser Glubulus ?)
16 juin 2007
J’vis toujours des soirées égyptiennes
Quand on part en voyage pour des formations, il faut toujours élaborer une stratégie d’attaque pour pouvoir trouver l’énergie nécessaire, celle qui nous permettrait de rester éveillés le plus longtemps possible tout en étant assez concentrés pour travailler et assez frais pour bouger. Partir aussi loin pour rester enfermés dans un hôtel sans profiter un peu, c’est pas génial. Nous avions réussi à négocier le début de la formation à 10h au lieu de 8h30.
Donc pour moi, l’Egypte c’était ça et pas grand-chose d’autre en fait :

J’y allais sans grand enthousiasme. C’est très mal de partir avec des a priori parce que mes quelques jours (enfin nuits) au Caire ça a surtout été ça :

En vrac : Excellents plats traditionnels au Abou El Sid, thé et narguilé à Khankhalil, Sushi au 35 (l’un des endroits les plus branchés du Caire parait-il), des mojitos à flot, défoulement au After Eight, groupe de raï au Cairo Jazz Club (soirée qui s’est terminée par nous en train de chanter les chansons traditionnelles tunisiennes – ça faisait très alcooliques anonymes mais on s’est bien marrés)
J’ai eu quelques soucis de vocabulaire, n’étant absolument pas briefée sur certains mots. J’ai d’abord été très surprise de les entendre répéter sans gêne aucune ‘kouaiess’ par ci, ‘kouaiess’ par là… il parait que c’est l’équivalent d’un ‘ça va’. On a fini par me servir le dernier soir un ‘kouaiess’ selon ma définition (cf photo) : Rhum Beiley’s et ça c’était vraiment ‘kouaiess’.
09 juin 2007
Voyage, Voyage
Un des petits privilèges auxquels on a le droit quand on bosse dans une grande boite qui est implantée dans plus de 120 pays, ce sont les voyages d’affaire. Rien de bien séduisant de prime abord, généralement on arrive quelque part, on est enfermés dans des salles de conférence du matin au soir, à parler avec nos semblables du monde entier de stratégies, de marchés, de pression médiatique...
Par contre, si on a bien travaillé, nos chefs peuvent nous accorder un jour open et là c’est pas mal du tout.
Berlin : Live 8, bouffe dégueu, on s’est retrouvé dans une boite bizarre de Berlin Est (5euro entrée + trois conso ?!?) qui passait du rock allemand, on était sorti boire un verre (tous nos frais doivent être justifiés) j’ai encore le ticket que je n’ai jamais osé rendre (la nana du contrôle des dépenses est voilée, je ne sais pas si elle m’aurait passé mon Sex on the beach), pas d’épiceries, cure de glaces, le grand luxe des 5 étoiles…
Istanbul : très peu de temps mais plein les yeux, les ferry boat, beaucoup de thé, on y mange divinement bien, des beaux gosses, de sacrés bouchons…
Barcelone : beaucoup de marche, très bonne bouffe, mojitos (Ivann t’avais raison c’est divin), Irish coffee, bière, des liqueurs dont je ne me rappelle plus le nom, Vodka et beau stripteaseur… euh oui le week-end de motivation s’est transformé en week-end de dépravation
Aéroport de Francfort : mais ça compte pas, j’avais fait un aller-retour dans la journée pour aller chercher 10kg de poudre blanche, ça fait bizarre de se retrouver avec 8 douaniers et l’ingénieur chimiste de l’aéroport en train de hurler en allemand
Bon là je dois aller faire ma valise, je pars au Caire tout à l’heure. Restez sages, je serai de retour jeudi.
05 juin 2007
Bulletin de notes de fin d’année
Après avoir lu la note d’Ar valafenn, j’ai essayé de me replonger dans mes vieux souvenirs scolaires. Je suis dans une phase très nostalgique en ce moment, je viens de fêter ma 3ème année dans ma boite, et le mois de juin sonne encore pour moi comme le début des vacances. Les études commencent à dater mais je dois être génétiquement programmée pour le rythme scolaire : chaque année je range mon bureau en juin et je m’achète des stylos en septembre.
Français : J’ai toujours détesté les livres qu’on m’a imposés, par principe. Rappelez-vous : La princesse de Clèves, L’allée des Rois, Lorenzaccio, Beurk !
J’ai écrit ma meilleure rédaction en 3ème le matin entre les toilettes, la voiture et pendant que la prof faisait l’appel (elle l’avait lue devant toute la classe et tout :)
LV1 Arabe : J’ai passé mon bac avec mes cahiers de primaire. Rarement vu aussi chiant. J’ai suivi l’Option Internationale du Bac au lycée (c’est une option qu’offrent les lycées français à l’étranger, on se rapproche des programmes des écoles publiques locales). Je ne décollais pas des 12 ce qui était trop risqué pour un coef 9 au bac (pareil pour l’histoire géo, coef 9 avec une épreuve dans les deux langues, suis pas calée à ce point)
LV2 Anglais : J’ai présenté un épisode des Simpson à mon oral de bac. J’ai surtout maitrisé l’anglais avec les fiches Star Club et les pochettes d’album. Je connais encore Jagged Little Pill (Alanis Morrissette) par cœur ‘…Does she go down on you in a theatre?’ forme interrogative…
LV3 Espagnol : Pas eu le temps de maîtriser, dommage
Science Eco : Je me suis retrouvée en section éco alors que je pensais faire lettre ; l’année de l’orientation j’étais amoureuse de mon prof d’option éco.
Histoire Géo : Aucune mémoire des chiffres donc des dates. J’étais capable de raconter l’histoire dans ses moindres détails mais avec des ‘deux ans plus tard’ sans jamais préciser de quelle année on parlait. Je n’ai retenu que 1054. Mais j’ai quand même fait une année de Géographie à Panthéon-Sorbonne après le bac. J’étais amoureuse de mon prof d’histoire géo
Physique : Y avait pas une histoire de Napoléon qui bouffait des volailles sans claquer de fric ?
Sciences Nat : Impossible de suivre une filière où une prof m’a emmerdée pendant une heure avec les chromosomes des drosophiles pour apprendre plus tard qu’elle parlait de mouches.
Maths (Aïe !) : Fin de seconde, ma prof principale ‘Mademoiselle pourriez-vous s’il vous plait m’expliquer comment vous faites pour avoir 16 de moyenne en physique, 17 en sciences et seulement 10 en maths, ça va être juste pour la section S’. Rien à foutre, on se fait trop chier en section S. Enfin en vrai j’ai juste piqué un fard.
Musique, Dessin : Hein ?
Sport : Hors barème au bac en athlétisme (vitesse et longueur). Oui je sais c’est dur à croire. Moi-même je recherche des témoins de cette époque car je me demande si je ne fabule pas tellement c’est pas crédible. ‘Hors barème’ veut dire que je courrais tellement vite qu’il n’y avait pas de note correspondant à ma performance. Mais j’avais natation aussi et là j’ai coulé ma moyenne toute seule comme une grande.
Education religieuse : Ca c’était à l’école primaire. Jamais je n’ai triché de toute ma vie scolaire (me suis largement rattrapée durant mes études supérieures) sauf une fois. A l’école primaire. J’avais pioché une sourate du Coran qui faisait au moins trois pages et j’ai dit à la maitresse que j’étais tombée sur celle qui n’en faisait qu’une. Je vais brûler en enfer.
03 juin 2007
Pause Pub
Je m’étais habituée à être surprise par ses créations mais là je suis littéralement scotchée. Je ne comprenais pas trop pourquoi elle faisait moins de monstres ces derniers temps mais quand je vois à quel genre de créations ceci a laissé place, ça valait le détour(nement). Cela fait plus d’un an et demi que je suis son travail de La Star Chamailleries aux expo à Nantes et comme dirait l’autre : Soasig Chamaillard ‘Elle a tout d’une grande’. J’ai jamais été d’une grande sensibilité à la peinture-sculpture, mais là c’est tellement chargé de sens : militant, provocant, tolérant, violent…
Je vous invite à découvrir comment ce travail (et plein d’autres) a été réalisé ICI

