27 janvier 2008
Le pouvoir de la main invisible
Il est des coups qu’on se prend dans la figure et qui font très mal. Des crochets du droit qui vous laissent dans les vapes un long moment, entre l’effet de surprise et l’horreur qui vous saisi dès que vous comprenez ce qui vient de se passer.
Deux grands coups que je viens de me prendre ces derniers temps m’ont profondément choquée, indignée, dégoutée. J’en suis restée bouche bée ne pouvant saisir la réalité de ces événements. Autant vous dire que la remise en question qui s’ensuit relève du traitement de choc.
Je suis très consciencieuse dans mon travail. Même si je ne cesse de me répéter d’arrêter de me donner autant pour ma boite, de m’obliger à rentrer à l’heure, même si l’heure de ma démission approche à grands pas, je ne peux absolument pas ne pas m’impliquer à fond dans ce que je fais. Méthode, rigueur, pro-activité, travail d’équipe, challenges, dépassement de soi…mon cul ! L’objectif carriériste dans ces énormes multinationales comme celle dans laquelle je bosse, n’est pas de gravir les échelons selon le mérite. Il faut grimper très vite, très haut, pour se délecter le plus possible de la chute.
Notre directeur qui vient de se faire virer pour avoir massacré nos résultats, désorganisé la boite et laissé une pagaille monumentale a eu le droit en guise de remerciement pour ses bons et loyaux servies de merde à un chèque d’une valeur de deux sublimes villas avec piscine et un quatre-quatre allemand qui vaut le prix d’un 3 pièces dans un quartier chic. Ses successeurs préparent le grand ménage, tâche somme toute facile pour une entreprise de détergents.
Ils ont également réussi à achever ma directrice marketing. C’est une femme pour qui j’ai une admiration sans mesure : juste, loyale, intelligente, qui tire vraiment le niveau vers le haut, battante dans un milieu très masculin ajouté au machisme local de rigueur…à mon avis la seule raison valable qui me fait rester dans cette boite. Un mois d’arrêt maladie pour dépression.
J’ai honte, j’ai vraiment honte d’être un maillon actif de cette grande mascarade.
23 janvier 2008
Fil Connection
Nouvelle étape en attendant que les textes de mon tout premier livre mijotent. On est tombé d’accord avec une agence de création web pour mettre en place le site de ma maison d’édition. Je n’ai pas les moyens pour le moment de m’offrir un super site avec vente en ligne et plein de trucs qui clignotent, et de toute façon ça ne vaut pas vraiment le coup tant que je n’ai pas un peu étoffé ma collection.
Malheureusement je ne suis pas une grande surfeuse, et j’ai tendance à louper pas mal de vagues. Donc si vous avez en tête des sites que vous trouvez bien faits, faciles à utiliser, des coups de cœur, je veux bien noter l’adresse. On m’a demandé de réfléchir à une arborescence et pour l’instant j’ai plutôt troqué ma planche contre des rames.
(Non Attalex, pas Ebay !!!)
09 janvier 2008
Status
Aujourd’hui j’ai bouclé ma maquette photo. Ca y est cette fois c’est la def de def. Chaque page, chaque photo, chaque assemblage a été pensé, discuté, argumenté. Beaucoup de ‘Ouaaaah trop la classe’, pas mal de ‘portnawak mais trop délire’, quelques ‘On est obligé de mettre ça ? Oui parce qu’il faut bien le vendre ce livre’. Aucun coup de cœur n’a été oublié. Rien n’est à enlever.
Je suis satisfaite, convaincue et…j’en ai les larmes aux yeux. C’est très étrange de voir ce que le cerveau imagine, espère, conceptualise depuis des années prendre forme, enfin.
Le plus difficile en fin de compte c’est de réussir à canaliser ses idées, rationaliser ses pensées. S’imposer des priorités, commencer une chose et la faire jusqu’au bout alors que des petites voix soufflent 10 000 idées à la seconde.
La maquette photo est finie, je vais pouvoir passer aux textes. Vendredi soir, j’ai rendez-vous avec mon auteur. Je lui ai exposé mon projet au téléphone et elle m’a rappelée cette semaine pour me dire qu’elle était très intéressée. Je suis invitée chez elle pour lui montrer ma maquette et la briefer sur la tournure des textes que je voudrais qu’elle écrive pour moi. Je suis morte de trouille. Jusque là c’était nos délires à ma graphiste et à moi. Ca n’engageait que nous. J’ai l’impression qu’à partir de maintenant, je ne vais plus pouvoir revenir en arrière, la machine est lancée…et je suis tétanisée.
Je suis épuisée. Plus de deux mois que je bosse 10h par jour et que j’enchaîne sur de longues soirées qui s’achèvent très tard dans la nuit. J’ai des cernes abominables, jamais de ma vie je n’ai utilisé d’anti-cernes et de fond de teint alors que là ce sont mes meilleurs amis. Des fois j’ai des bugs, je parle à quelqu’un et puis tout d’un coup au milieu d’une phrase, le black out, aucune idée de ce que j’étais en train de raconter… pour ceux qui me connaissent un peu : encore pire que d’habitude, vous n’avez pas idée :)
Je suis vidée…mais putain qu’est-ce que c’est bon
NB : je suis désolée de toutes mes absences et je vous souhaite à tous plein de bonnes choses pour les nouvelles années (c’est le nouvel an sur le calendrier musulman aujourd’hui)
