28 novembre 2008
La mutante
Depuis que j’ai changé de travail, il m’arrive des chooooooses étraaaaaanges. Ma vie est en mutation. Mon cerveau se dégage peu à peu de l’hibernation hyaluronique dans laquelle il a sombré des années durant. J’apprivoise un nouveau langage, des mots qui par le passé m’auraient valu le bucher : sortir du travail à l’heure, rester chez moi quand je suis malade, prendre des vacances… la pire c’est…(j’ai encore honte de le dire)…mmmm ! je suis heureuse d’aller bosser ce matin !
Et c’est toute la perception de l’environnement qui m’entoure qui change. J’ai des réactions bizarres. Il m’arrive de rire aux éclats. Je ne crie plus. Je ne vomis plus à cause de coup de sang au travail. Je fais du théâtre. Je dors bien, la nuit entière sans me réveiller pour noter des trucs à faire sur mon carnet. Je suis sevrée des screen lunch.
Et ca c’est rien. Maintenant je commets des actes d’une violence extrême. On ne peut plus me retenir. Mon entourage s’inquiète. Maintenant, je sors. Et l’apothéose c’était ce soir : je suis allée au cinéma avec des copines et…putain ce que ça fait du bien !
25 novembre 2008
Le Bon, la Bête et le Truand
La malédiction du retour continue à s’abattre chaque fois que je mets les pieds dans un aéroport parisien.
Accueillie par une nouvelle machine de lutte pour le chômage, j’ai passé une plombe avant qu’elle ne me donne ma carte d’embarquement. Ensuite une jolie blonde au sourire pincé m’a dit que j’avais un kilo et demi d’excédent.
- Oui mais j’ai fait un régime et je viens de perdre 3kg, ça ne compense pas ?
- Non, mais par contre vous pouvez vider votre valise et prendre 1.5kg en bagage à main
- Vous plaisantez ?
Non pas du tout. Déballage de la valise, on repèse, on retire des chaussures, on rerepèse… je rêve, un vrai souk !
Laissez-moi m’asseoir dans mon siège que je dorme. La gentille machine m’a filé le siège couloir collé aux chiottes, que du bonheur.
Le stress de découvrir mes compagnons de voyage : un chiard qui va pleurer tout le vol ? Une vieille radoteuse qui va me saouler ? Non ! Un hollandais aussi grand qu’un basketteur pro qui essaie tant bien que mal de s’asseoir. Impossible ! Je lui cède gentiment mon siège couloir et me place au milieu. C’est bon on peut y aller ? L’avion démarre et j’entends mon voisin de gauche psalmodier en se balançant. Merde un barbu ! La poisse ! Je ne sais par quelle gentillesse l’hôtesse nous offre du champagne. Mon voisin de gauche faisait des bons tandis que je trinquais avec mon voisin de droite. Plateau repas végétarien pour l’un qui, soit dit en passant, mangeait comme un porc et Heineken à flot pour l’autre. Mon hollandais s’excusait chaque fois qu’il me touchait, on a dû lever l’accoudoir tellement il ne rentrait pas dans son siège, pendant que mon barbu s’encastrais dans le hublot chaque fois que je lui frôlais le coude.
Deux extrêmes et moi…le cul entre deux sièges.
